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CHAPITRE XVIII
FONDATION DE L’UNIVERSITE DE POITIERS (1431)
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Les lettres et les sciences en Bas-Poitou vers la fin du
XV° siècle.
Le Missel de Pierre de la Nouhe des Herbiers.
Catalogue de la bibliothèque manuscrite de Jehan Moreau en 1447.
Emprunt par le seigneur de Mallièvre du roman de Julius César
en 1458.
Sciences. Etienne Bouhet, des Epesses.
Louis XI et le Bas-Poitou. Convocation à Fontenay de l’arrière-ban
du Poitou (1467).
Pillage d’Apremont et de Saint-Gilles-sur-Vie par les
Bretons (1468). Bouin brûlé par Louis XI.
Louis XI en Bas-Poitou (1469), - Fontenay érigé en commune (1471).
Nouveau voyage de
Louis XI en Bas-Poitou (1472). - Accident de la Maleboire, près Mortagne.
Travaux d’agrandissement du port des Sables, ordonnés à
Dinchin près le Puybelliard.
Seconde coalition contre Louis XI, - Réunion des nobles à Montaigu.
Création de foires à l’Hermenault (1477),
- Les Grands assises royaux enlevés momentanément à Fontenay
au profit de Niort et de Montaigu, - Pillage de Rocheservière et de la
Garnache.
La noblesse du Poitou au XV° siècle, - Louis d’Amboise,
vicomte de Thouars, - Georges de la Trémouille, - Gilles de Retz, seigneur
de Tiffauges.
Démembrement de la vicomté de Thouars.
Gilles de Retz (1423). Le Bas-Poitou sous Charles VIII, Louis XII, François
1er et Henri II,
Les La Trémouille.
La fantaisie du prince de Talmont.
Le Corsaire de Mme de la Trémouille (1491).
Convocation du ban et de l’arrière-ban des nobles du Bas-Poitou
(1491-1492).
Cotisation de la noblesse et du clergé poitevin (1526).
Voyage de François 1er et d’Eléonore de Portugal, au Puy-du-Fou,
près les Epesses, - Les Grands jours à Poitiers en 1531.
Convocation du ban (1533). Les compagnons poitevins de François 1er.
Le duel La Châtaigneraie, Chabot-Jarnac. - Chasteigner
Jean, seigneur de Saint-Michel-le-Cloucq.
Foucher Bertrand, seigneur des Herbiers.
Sébastien de Luxembourg, - Jacques de Bessay et Cathus des Granges.
Philippe Chabot.
Réparations et divers canaux de dessèchement, etc. Noms des commissaires.
Etat des marais de la Sèvre du midi à la fin du XVI° siècle.
Tableau des chemins du Bas-Poitou au milieu du XVI° siècle, d’après
Charles Etienne 1553.
Etat des principaux sièges ressortissant du siège
royal et sénéchaussée de Fontenay, Bas-Pays de Poitou.
Revision des coutumes du Poitou.
Règlement pour les moissons et les vendanges.
La Gabelle, - Troubles en Bas-Poitou, - Remboursement des offices
du magasin à sel du pays de Poitou, etc.
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LES LETTRES ET LES SCIENCES EN BAS-POITOU
VERS LA FIN DU XVe SIÈCLE (1).
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Charles VII, désirant récompenser par un témoignage éclatant la fidélité
que lui avait toujours montrée le Poitou, résolut de doter sa capitale
d'une Université. Créée en 1431, elle fut autorisée par une bulle du
pape Eugène IV, en date du 23 ruai de cette même année, et divisée en
quatre nations qui prirent pour devises les noms de France, Aquitaine,
Touraine et Berry.
La direction en fut confiée à Jean Lambert, professeur de théologie,
qui sut imprimer à ce grand centre intellectuel une organisation puissante,
une vie; une activité littéraire et scientifique, qui dépasseront de
beaucoup les limites de la province.
Cette création sera pour notre pays le commencement d'une ère nouvelle,
et s'il est juste de reconnaître que l'influence s'en fait encore sentir
parmi nous, il est équitable de reconnaître également que le flambeau
allumé par Charles VII rayonna rapidement dans le Bas-Poitou, où les
bibliophiles, les savants et les lettrés n'étaient pas rares, même avant,
la découverte de l'imprimerie.
Ce fait est d'autant plus digne de remarque qu'à cette époque encore,
les oeuvres littéraires n'étaient connues que d'un petit nombre, car
Biles n'existaient que dans de très raies manuscrits qui coûtaient fort
cher. Un beau manuscrit, même au commencement du XVe siècle, pouvait
valoir plusieurs mille livres. Aussi on le reliait précieusement, solidement,
avec de fortes planches recouvertes de peaux, avec des angles de métal
et un énorme fermoir. On le gardait avec soin dans les bibliothèques
dès châteaux et dès monastères qui, pendant longtemps, possédèrent seuls
des ateliers de copistes.
" Presque toutes les règles monastiques, surtout celle de saint Benoît,
prescrivaient l'étude de la calligraphie à tous les moines qui n'étaient
pas employés au travail de la terre. De nombreuses légendes montrent
combien cet art était agréable aux habitants du ciel. Un religieux,
qui avait certaines fautes à se reprocher, s'imposa pour pénitence de
copier un gros volume de l'Écriture sainte. A sa mort, les démons le
réclament, mais un ange apporte au souverain juge le précieux manuscrit
: on fait le compte dès lettres, et, leur nombre dépassant celui de
ses fautes, il est renvoyé sur la terre pour faire son salut. Un autre
moine s'appliquait, chaque fois qu'il rencontrait le nom de Marie, à
le reproduire en lettres très soignées, de trois couleurs différentes.
Quand il mourut, un dès moines ses frères, aperçut distinctement; la
Vierge qui venait recueillir son âme. " Puisque tu as si bien pris soin
d'honorer mon nom dans tes oeuvres, lui disait-elle, j'ai fait inscrire
le tien sur le livre de vie (2) ".
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NOTES:
(1) Vers 1472, l'Université de Poitiers comptait 4.000
écoliers (Auber, T. IX, page 269.)
(2) Rambaud. - Histoire de la civilisation. T. I, page
349.
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LE MISSEL DE PIERRE DE LA NOUHE
DES HERBIERS.
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Au nombre dès objets d'art conservés à la Bibliothèque
nationale, se trouve un missel avec des dessins de la plus rare beauté
et de la meilleure exécution. Ce manuscrit précieux porte
sur le dernier feuillet : " Fuit finitum hoc missale nova aprilis
1492, et fecit ipsum. scribi Reverendus in Xe Patre et Dominos dominus
Johannes de Fuxo, miseratione divina épiscopes Convennarum, in
Alano, per me Petrum de la Noulx habitantem loci de Herbertis Lucionensis
dyocesis. Ad laudem Dei Patris et Filii et Spiritus Si gloriosissimoe
Virginis Marioe, omnium angelorum et sanctorum Dei, ad salutem animarum
vivorum et de functorum sit. Amen. "
" Ainsi, il se pourrait faire que les Herbiers eussent donné
le jour à un des miniaturistes Poitevins les plus célèbres
au XVe siècle. Ce missel date du XVe siècle : commandé
par l'évêque de Comminges, Jean du Fou, il est écrit
par Pierre de la Noue, homme pieux qui travaille pour la gloire de Dieu
et place son oeuvre, heureusement terminée en 1492, sous la protection
de la Sainte-Trinité, de Marie, des anges et des saints. Par
une pensée bien touchante, il reporte aux vivants et aux morts
le mérite et la récompense qui lui reviennent (1). "
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NOTES:
(1) Archives du diocèse de Luçon, page 488.
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CATALOGUE DE LA BIBLIOTHÈQUE
MANUSCRITE DE JEHAN MOREAU EN 1447.
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Une bibliothèque manuscrite était avant l'invention de
l'imprimerie, ainsi que nous l'avons déjà dit., une chose
d'autant plus précieuse qu'elle était plus rare, surtout
quand elle était la propriété d'un simple particulier,
et qu'elle atteignait le chiffre de près de cent manuscrits différents,
représentant un nombre encore plus considérable de tomes
tels que nous les fournit a présent la librairie.
Telle était, en 1447, la bibliothèque- de Jehan Moreau,
seigneur de la Jouhenniere ou Jouenière (aujourd'hui la Jaunière,
près La Roche-sur-Yon), terre qui a appartenu jusqu'à
la Révolution au seigneur de la Rabatelière (1).
Jehan Moreau était conseiller et avocat fiscal du roi René
d'Anjou, pour la châtellenie de la Roche-sur-Oyon (plus tard la
Roche-sur-Yon, puis Napoléon-Vendée), etc.
Feu M. Constant Gourraud, notaire honoraire à Chavagnesen-Paillers
et membre de la Société d'émulation de la Vendée,
en fouillant les archives du château de la Rabatelière,
qui appartient, comme on sait, à M. le comte de la Poèze,
a eu la bonne fortune de rencontrer à la fin d'un énorme
registre en parchemin, le catalogue de la bibliothèque de Jehan
Moreau, dressé par lui.
Jehan était issu d'une famille du Bas-Poitou, appartenant à
la robe depuis au moins trois générations, et qui, par
ses études et sa connaissance du droit, était à
la hauteur des charges qu'elle remplissait dans le barreau. Il en était
de même de la famille Maignen, à laquelle il s'était
allié.
Les premiers éléments de sa bibliothèque lui furent
fournis par son ayeul, Maurice Moreau, contemporain du prince de Galles
et de Du Guesclin, et par Nicolas Maignen son beau-père.
Il est possible que pendant la guerre de cent ans qui désola
nos contrées, les grands seigneurs du Poitou fussent plus familiers
avec les champs de bataille qu'avec les livres ; mais à cette
époque même de perturbations et de ruines, le pays que
nous habitons n'était pas aussi déshérité
d'instruction que quelques-uns pourraient peut-être se l'imaginer.
Eu dehors des châteaux-forts et des camps, la science avait trouvé
un refuge dans le barreau; la bibliothèque de Jehan Moreau nous
le prouve surabondamment. Elle avait aussi dans l'abbaye et dans le
presbytère deux autres foyers si bien alimentés, qu'il
était impossible que sa flamme put s'éteindre. Plusieurs
des manuscrits les plus précieux de notre avocat provenaient,
l'un (le Digeste vieil), de l'abbaye des Fontenelles, l'autre (le Bréviaire),
de l'abbaye de Luçon, et un grand nombre qu'il serait trop long
d'énumérer, de trois prêtres, dont deux ont le titre
de curé de Buereau de Palluyau (Palluau), de Jehan Lemarié,
curé de la Grolle, et du curé de la Roche-sur-Oyon qu'il
appelle son compère.
Si maintenant j'analyse la bibliothèque de l'avocat fiscal de
cette dernière châtellenie, en 1417, j'y trouve le programme
des études en honneur à la fin du XIVe et au commencement
du XVe siècle, non seulement chez les moines et les curés,
même de campagne, mais encore chez les hommes du monde qui embrassaient
les carrières libérales.
Ce programme comprenait tout à la fois la religion, le droit
canon, le droit civil et la littérature, c'est-à-dire
les branches les plus essentielles de l'instruction, au point de vue
de l'esprit et du cur.
Les livres de religion n'étaient pas rares dans là bibliothèque
de Jehan Moreau.
Qui dit bréviaire dit un recueil de psaumes, de leçons
tirées de l'Ecriture Sainte et des saints Pères, d'homélies
expliquant les évangiles qui. correspondent aux dimanches et
aux fêtes de l'année, de légendes de saints, de
répons et de prières en harmonie avec les offices qui
se célèbrent chaque jour. Le bréviaire, qui est
aujourd'hui le livre exclusif du prêtre, était au moyen
âge entre les mains de beaucoup de laïques. Nos rois eux-mêmes
(de Charlemagne à saint Louis surtout), se faisaient un devoir
de réciter leurs Heures.
Jehan Moreau avait son bréviaire, précieux cadeau de
l'évêque de Luçon, qui l'honorait de son amitié.
Il avait aussi sa Bible, qu'il appelle " ma bible belle et bien
vraye ", qui lui avait coûté 20 écus d'or ;
plus une table des livres et chapitres de la bible ; et un livre "
de plusieurs belles autorités suivant les évangiles. "
Après l'Ecriture Sainte, venait la théologie. L'avocat
fiscal avait un traité sur les anges ; - une explication du Décalogue,
par Nicolas de Lyre ; - un opuscule sur la répression des sortilèges
; - un livre de saint Thomas d'Aquin sur le gouvernement des princes
; - deux autres de Monbodun et de Nicolas André, qui traitaient
des sacrements - un autre encore, ayant pour titre : De Lumine confessorum,
de la lumière des confesseurs ; - un autre enfin, sur la manière
de se confesser, qu'il avait fait faire lui-même, preuve, disons-le
en passant, qu'il se confessait. Il n'était pas étranger
non plus aux principes de la Philosophie, comme le prouve son livre
De la propriété des choses et le fragment qu'il avait
d'Aristote.
Les livres de morale et d'ascétisme venaient après. Témoins,
un manuscrit sur les quatre vertus cardinales - un autre sur les trois
vertus théologales, par Alain Charretier ; - un troisième
sur les vices ; - un quatrième sur l'amour de Dieu et sur la
bonne vie ; - un traité de méditations sur la mort; un
autre sur le chemin de l'éternité ; - un livre intitulé
Scala celi, l'échelle du ciel ; enfin, la légende dorée
de saint Grégoire.
Le droit canon, qui est le vaste répertoire des règlements
et des décrets appropriés aux temps et aux lieux qui ont
formé et forment encore la discipline de l'Église, depuis
son origine, faisait partie du programme des études du XIIe au
XVIIIe siècle, tandis qu'aujourd'hui cette science est reléguée
dans les rayons ignorés des bibliothèques publiques.
Le corps du droit canon forme trois volumes in-folio, divisés
en six parties : Le décret de Gratien publié en 1151,
les Décrétales, les Sextes, les Clémentines, les
Extravagantes de Jean XXII et les Extravagantes communes.
Jehan Moreau possédait les Décrétales qui forment
la matière du second volume. C'est un recueil des lettres des
anciens papes, décidant quelques points de la discipline ecclésiastique,
qui fut collationné par saint Raymond de Pennafort et publié
en 1230 par ordre de Grégoire IX.
Jehan Moreau attachait un grand prix à ces Decrétales
: dans son catalogue il les appelle " belles Decrétales
". L'édition, composée de trois parties différentes,
lui coûta 45 écus.
Les Clémentines figurent dans le troisième tome du droit
canon. Elles renferment les constitutions de Clément V et du
concile de Vienne promulguées par Jean XXII, en 1319. L'avocat
de la châtellenie de la Roche-sur-Yon les comptait au nombre des
livres de sa bibliothèque, ainsi que plusieurs décrets
tirés du Sexte, autrement dit le sixième livre des Decrétales,
publié par Boniface VIII en 1298. _ Plus, le Miroir de Guillaume
Durand; une brochure sur les Elections, par Mandagot; cinq volumes du
code ; la concordance du droit canon et du droit civil ; - enfin, la
Pragmatique-Sanction qui réglait les rapports de l'Eglise et
de l'Etat.
La connaissance du droit civil était indispensable à
celui qui était chargé de faire exécuter la loi
et de rendre la justice.
La bibliothèque de Jehan Moreau était riche en cette
matière. Il avait deux cours du droit civil. Le plus beau de
ses manuscrits était l'un de ses Codes, oeuvre du XIIIe ou du
XIVe siècle, qu'il tenait clé son grand-père, dont
toutes les lettres étaient en or.
Outre le Code, le droit romain collationné au VIe siècle
par Justinien, comprenait les Digestes ou Pandectes, et les Novelles.
Nous trouvons dans le catalogue des livres de Jehan Moreau, deux Digestes
vieils, volume composé de 50 livres, contenant les réponses
des anciens jurisconsultes, et deux Digestes novels renfermant 168 constitutions
sur divers sujets, sans compter les ouvrages des docteurs les plus célèbres
du moyen âge, tels que Barthol, Rosret, Boutaud, Balde, Henry
Bouic, Fabre, qui répondaient par des solutions pratiques aux
questions les plus difficiles du droit.
La littérature tant ancienne que moderne, faisait aussi partie
du programme (les études, au temps du conseiller du roi René
d'Anjou. Je rencontre dans sa bibliothèque, Salluste, Cicéron,
Thérence, Egidius et Bèce, avec la glose de Travet, le
Papaliste ou l'Histoire des papes depuis Jésus-Christ, l'Arbre
généalogique des batailles, les chroniques de Baudouin,
comte de Flandres, et deux livres en vers.
Les romans occupent une place relativement considérable dans
son catalogue. Il avait plus de douze volumes consacrés à
ce genre de littérature. Mais il y a tout lieu de croire qu'ils
étaient inoffensifs, et ne blessaient en aucune manière
la religion et les murs, ce qui n'est que trop fréquent
aujourd'hui. Il avait le roman de Troie en latin et en français,
le roman des Echecs, suivi du livre des bonnes murs ; le roman
des sept Sages ; le roman de Christine, déesse de la Sapience;
plus le roman de Guillemine et le roman. e d'Estrille Chauveau et de
la Chastelaine de Vergi, avec une bonne instruçion pour, eschiver
les temps pestilencieux : " enfin le roman dit Passe-Temps, sur
la question-de France et d'Angleterre.
Pour qu'il ne manquât rien à sa bibliothèque, Jehan
Moreau y avait placé le Miroir des Dames et le Réveil-Matin
ou le Débat des Dames, ce dernier composé probablement
par un malin, et enfin un ouvrage d'économie politique.
Maintenant on se demande ce que sont devenus les manuscrits dont je
viens de parler, manuscrits conservés si précieusement
par la famille de notre avocat, et qu'il avait considérablement
augmentés par ses achats dans les abbayes et les presbytères,
ainsi que dans ses ouvrages à Poitiers et à Paris, comme
il nous l'apprend lui-même. Hélas! on les cherche en vain
à La Roche-sur-Yon, à la Jaunière, à la
Rabatelière, on ne les trouve nulle part ! Leur perte est d'autant
plus regrettable que plusieurs étaient d'un très grand
prix.
Il y avait dans sa bibliothèque 24 volumes qui lui avaient coûté
un ou plusieurs écus d'or.
En portant l'écu à 11 francs (c'est à peu près
le poids qu'il pèse),. le rapport de la valeur monétaire
pour les XVe et XIXe siècles étant, de 1 à 7, on
arrive aux résultats suivants :
1° Les Fins dernières lui coûtaient.
2° Les Vertus cardinales
3° Le livre sur les Remèdes contre la bonne et la mauvaise
fortune.
4° Therence
5° Le traité sur les sortilèges...
6° Un livre en vers
7° Les trois Vertus théologales
8° Le Livre de Vilate, conditionis humane
9 Les sacrementaires de Monbodun et de Nicolas André
10° Egidius
11o Le traité des vices
12° Balde
13° Le traité de la propriété des choses
14° Le songe Duvergier
15° Le traité des anges....:
16° Barthol
17° La légende dorée
18° Fabre
19° Guillaume Durand
20° Les Decrétales
21° Le livre dit le Résidu des Titres et autres
22° La Bible
23° Bouic |
77 fr.
77 -
77 -
77 -
77 -
77 -
154 -
154 -
154 -
231 -
231 -
231 -
308 -
308 -
308 -
308 -
770 -
924 fr.
1001 -.
1309 -
1925 -
1925 -
2310 - |
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Total.. 13013
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NOTES:
Si maintenant je donne à son Code écrit
tout en lettres d'or une valeur double de celle de sa Bible, ce qui
ne me parait pas exagéré, j'ai à ajouter une somme
de ........................................................................................3850
fr.
Ce qui pour trente volumes environ, c'est-à-dire pour le quart
de sa bibliothèque, me fournit un total en valeur monétaire
de ...............................................................................................................................................16863
fr.
Mais laissons la parole à Jehan Moreau lui-même, faisant
l'inventaire de ses livres en l'an de grâce 1447.
L'abbé Ferdinand BAUDRY,
Curé du Bernard.
Suit le dit inventaire....................... Extrait de l'Annuaire
de la Société d'émulation de la Vendée (année
1866).
(1) Elle relevait pour la majeure partie de la seigneurie
de la Roche-sur-Yon et pour le surplus de la scigneurie de Sainte-Flaive,
à foi et hommage plein.
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EMPRUNT PAR LE SEIGNEUR DE MALLIÈVRE
DU ROMAN DE JULIUS CÉSAR EN 1458.
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On a souvent répété qu'un gentilhomme requis d'apposer
sa signature au bas d'un acte dans lequel il était partie intervenante,
avait déclaré et fait constater parle notaire qu'il ne
savait pas écrire, vu sa qualité de noble; et de cette
constatation, on a conclu qu'avant la Révolution la noblesse
mettait une sorte d'orgueil à rester et à se montrer ignorante.
Cette fable et les conséquences dont on en faisait suivre le
récit, ont été facilement combattues et réduites
à leur juste valeur par des mémoires publiés l'un
à Nantes, l'autre à Paris, par MM. de la Borderie et Delisle,
archivistes paléographes. Il suffit en effet de feuilleter un
registre d'aveux et d'hommages féodaux pour reconnaître
que les possesseurs des divers fiefs savaient signer, et pour le moins
aussi lisiblement que la plupart de nos contemporains. Mais là
ne se bornait pas leur science ; ils aimaient la lecture, achetaient
souvent à un prix très élevé des manuscrits,
puis des livres, entretenaient pour leurs affaires, comme pour leurs
relations de famille, des correspondances assez étendues et composaient
parfois des vers ou même des ouvrages volumineux, dont quelques-uns
figurent au rang le plus honorable parmi les produits de l'ancienne
littérature. En renvoyant les incrédules à la liste
de ries divers écrivains, pour leur faire connaître cette
vérité, nous nous bornerons à imprimer une petite
pièce autographe des archives de Maine-et-Loire.
Elle nous montre le seigneur de Mallièvre consacrant à
la lecture une partie des loisirs que lui avaient donnés la fin
de la guerre contre les Anglais et leur expulsion du royaume. Jeune,
il aurait recherché les merveilleux romans de chevalerie ou les
récits dans lesquels une belle princesse soumettait â une
longue épreuve la constance de la passion inspirée par
sa beauté et le charme de son esprit. Arrivé à
un âge qui éloignait les pensées d'amour et d'aventureux
exploits pour gagner un cur rebelle, Bertrand de la Haye préférait
les lectures rappelant les combats auxquels il avait pris une part glorieuse.
Nous le voyons suivant de l'il les longues lignes d'un de ces
volumineux manuscrits en caractères gothiques auxquels on donnait
le nom de roman parce qu'ils étaient en langue vulgaire et non
en latin.
Le roman de Julius. César faisait partie d'une compilation contenant
une histoire romaine Li fès des Romains, d'après Salluste,
Lucain et Suétone. La bibliothèque nationale en possède
plusieurs exemplaires, dont l'un se compose de 655 pages (1).
On remarquera le soin minutieux avec lequel l'ouvrage emprunté
par le sieur de Mallièvre à l'abbé de Saint-Florent,
près Saumur, est désigné. Un manuscrit sur vélin
était un objet précieux, surtout lorsqu'il offrait des
pages enluminées et de belles miniatures comme on en rencontre
souvent dans les romans et les histoires. L'existence du récépissé
du volume parmi les papiers de l'abbé de Saint-Florent ne prouve
pas que le seigneur de Mallièvre ait manqué à sa
promesse de le restituer. Il aura sans doute été annulé
par une quittance du prêteur, lors de la restitution faite par
Bertrand de la Haye. En tout cas, voici le texte de son billet autographe
(2).
J. Bertran de la Haye, seigneur de Malle-Lièvre, confesse avoir,
à cause de prest de révérend père en Dieu,
monsieur l'évêque de Fréjus et abbé de Saint-Florent,
ung Romant de Julius César commençant ou premier chapitre
et ou N. III : Chascun homme à qui Dieu a donné sens et
entendement, et ou segond chapitre : Grant estrivement, et ou pénultième
chapitre : Lors se mist Cesar, et ou dereain : puys fut li fens ordonnés
ou champ; lequel Romant je promet restituer à mondi sieur de
Fréjus, à son bon plesir, tesmoing mon saing manuel cy
mis. A Saint-Florent, près Saurnur, le XIIIe jour de mars mil
CCCC cinquante et sept (3).
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NOTES:
(1) Département des manuscrits. No 6918.
(2) Archives de Maine-et-Loire, abbaye de Saint-Florent,
près Saumur. (Portefeuille des du Bellay.)
(3) C'est-à-dire 1458, l'année commençait
alors à Pâques. Recherches historiques sur la Vendée,
par Paul Marchegay et Annuaire E. 1857.
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SCIENCES
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Un bas-poitevin, Etienne Bouhet, ou Bouet, né à Langebaudière
des Epesses, suivit l'exemple de plusieurs gentilshommes de cette époque
en marchant sur les traces d'Adam Fumée et de Gabriel Miron.
Il s'attacha à l'étude de la médecine, qui alors
florissait à Paris et ne donnait pas moins de réputation
à la noblesse que les premiers emplois de la robe et de l'épée.
Il franchit rapidement tous les degrés qui précèdent
le. doctorat, et fut nommé professeur à la Faculté
de médecine de Paris. Mais ses talents et sa capacité
qui lui avaient procuré cet emploi lui en méritèrent
un autre. Il fut nommé Principal du collège de Sainte-Barbe
et il remplit ces fonctions avec autant d'intégrité que
de prudence jusqu'à sa mort, arrivée l'an 1497, ainsi
qu'il paraît par l'inscription gravée sur sa tombe en l'église
de Saint-Etienne des-Grès, et qui est ainsi conçue :
" Cy gist noble homme et sage maistre Etienne Bouët en son
" vivant docteur régent en la faculté de médecine
de l'Univer
" sité de Paris et maistre principal du collège
de Sainte-Barbe,
" lequel trépassa le jeudy 12 décembre l'an 1497.
Priez Dieu
" pour luy " (1).
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NOTES:
(1) Cette famille a possédé longtemps Langebaudière,
sise à la limite des Epesses et des Châtelliers.
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LOUIS XI ET LE BAS-POITOU
CONVOCATION A FONTENAY-LE-COMTE DE
L'ARRIÈRE-BAN DU POITOU.
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Dès le début de son règne, Louis XI comprit combien
il lui importait de s'attacher par tous les moyens possibles Fontenay-le-Comte,
la seule ville du Bas-Poitou qui pouvait, par sa situation, contrecarrer
les projets des barons turbulents de ce pays, car dès le mois
de juillet 1465, cette ville avait résisté à une
tentative faite par les révoltés au nom du Bien public,
pour s'emparer du château (1).
Le traité de Conflans (1465) avait mis fin à ce premier
soulèvement, des grands feudataires de la couronne contre Louis
XI, mais en 1467, le comte de Charolais, depuis Charles le Téméraire,
étant devenu le chef de la maison de Bourgogne, forma une nouvelle
ligue avec son beau-frère le roi d'Angleterre et le duc de Bretagne.
Louis XI fit immédiatement ses préparatifs contre le
duc de Bretagne, et cette même année 1467, l'arrière-banc
du Poitou fut convoqué par lettre du roi. Le 21 octobre le comte
de Penthièvre, les sieurs de l'Aigle, de Bressuire, de la Grève,
de Jarnac, de Soubise, de Montreuil, de Fors, de Saint-Mesmin, de l'Herbergement,
etc., firent leurs montres et revues à Fontenay, et prétèrent
serment : de, servir le roi envers et contre tous, même contre
M. Charles, son frère, et les ducs de Bourgogne et de Bretagne
(2). A ces noms de chefs il convient d'ajouter ceux de Robert Vincent,
seigneur de la Baritaudière en Chantonnay, qui servit d'abord
comme brigandinier du seigneur de Belleville, puis passa sous les ordres,
du sieur de Soubise; - Racodet Jean, seigneur du Langon, brigandinier
du seigneur de Bressuire; - Baudry d'Asson Jean, brigandinier du sieur
de la Grève; - Cathus Charles, seigneur des Granges, homme d'armes
du sieur de Soubise; - Jean Chabot, seigneur de la Turmelière;
- Bastard Guillaume; - Foucher Louis, seigneur de Thénies (3)
; - Jousseaume Pierre, seigneur de Couboureau, etc. ; de Rorthais Jean,
homme d'armes du seigneur de Soubise.
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NOTES:
(1) Le Bas-Poitou, en effet à cette époque,
n'était pas lui-même sans créer des ennuis à
la royauté. Depuis plusieurs années le sieur Duboys, seigneur
de la Caillère, du Poiré, ct un certain Rabasteau, à
la tête d'une bande de pillards, terrorisaient le pays. Ils avaient,
en 1464, tenu pendant plusieurs mois garnison au Gué-de-Velluire,
où ils avaient battu par deux fois les soldats du roi envoyés
contre eux. Le 20 octobre 1466, Louis XI donnait des lettres de rémission
aux deux chefs. (Anciens papiers de la Caillère.)
(2) Extrait des Rôles du ban et arrière-ban
du Poitou.
(3) Beauchet-Filleau.- Un autre Foucher Jacques, de l'Ermantruère
et du Gué-Sainte-Flayve, prit aussi part aux guerres de son temps
et mérita du roi Louis XI un brevet de chambellan de ce prince
(avril 1463
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PILLAGE D'APREMONT ET DE SAINT-GILLESSUR-VIE
PAR LES BRETONS. - BOUIN BRÛLÉ PAR LOUIS XI (1168).
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Pendant ces préparatifs, le duc de Bretagne n'était pas
demeuré inactif. Plusieurs de ses sujets ayant été
détenus comme prisonniers au château d'Apremont, trois
mille bretons vinrent, en 1168, mettre le siège devant la forteresse
qui appartenait alors à Renaud Chabot, second fils de Louis Chabot,
seigneur de la Grève, comme la tenant du chef de sa deuxième
femme, fille unique et héritière de Jean de Rochechouart,
seigneur d'Apremont . et de Brion. La vengeance fut . terrible, et malgré
la mise en liberté des détenus et l'engagement d'honneur
de ne faire aucun mal e au seigneur et à sa terre ", les
Bretons coururent tout le pays d'alentour, et après l'avoir mis
à feu et à sang, allèrent piller St-Gilles.
Les Etats assemblés à Tours, (1), ayant déclaré
que le duc de Bretagne serait contraint de rendre les places dont il
s'était emparé, sauf à lui payer une indemnité,
Louis XI en vertu de cette décision leva une armée, envahit
les marches de Bretagne et du Poitou, livra le bourg de Bouin aux flammes,
et réduisit le duc avant qu'il eût pu recevoir du secours
de ses alliés; puis il essaya avec Charles, de ses combats familiers,
les combats de la ruse : cette fois il y fut pris. Renfermé à
Péronne, dans le château où était mort Charles
le Simple, il n'en sortit qu'en gagnant un des conseillers du Téméraire,
Philippe Commynes, que nous verrons bientôt posséder d'immenses
territoires en BasPoitou, et en signant un traité onéreux
qu'il ne lui coûtait guère de jurer sur une relique de
la vraie croix, se promettant bien de ne pas l'observer.
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NOTES:
(1) Chabot, Louis II du nom, seigneur de la Grève
en Saint-Martin-des-Noyers, y assista comme conseiller chambellan de
Louis XI depuis: 1464. Il commanda 1e ban et l'arrièrc-ban en
1472 et 1475. Il mourut en .1488. -. Un autre bas-poitevin.
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LOUIS XI EN BAS-POITOU (1469).
FONTENAY ÉRIGÉ EN COMMUNE (1471). - NOUVEAU VOYAGE
DE LOUIS XI EN BAS-POITOU. - ACCIDENT DE LA
MALBOIRE, PRÈS MORTAGNE.
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Louis XI profita de cette trêve pour juger par lui-même
de la situation et de l'état du Bas-Poitou. Il y vint pour avoir
une entrevue avec son frère le due de Guyenne, alors en armes
contre lui. Le 6 septembre 1469, les deux princes se virent au passage
du Braud, sur la Sèvre-Niortaise, et parurent réconciliés,
puisque le Poitou fut donné en apanage au frère du roi.
Un pont de bateaux avait été jeté à cet
effet sur la rivière, et une tente coupée par une grille
de fer, en témoignage de confiance, leur servit de lieu de réunion.
Le roi, en se retirant, alla coucher à Puyravault. Le lendemain
il se rendit à Fontenay, où il put juger par lui-même
de l'importance de l'industrie qui avait depuis longtemps pris possession
de tout le. faubourg des Loges, et y comptait de nombreux métiers
de drapiers et des, tanneries importantes qui, pendant près de
trois cents ans fourniront de draps et de pelleteries une partie du
Poitou.
Deux ans après (mars 1471), Fontenay fut érigé
en commune, ayant à sa tête un élu annuel, assisté
de trente échevins, et cette ville vit s'accroître considérablement
son commerce, ainsi que nous le constaterons plus loin.
L'année suivante, Louis XI retourna en Bas-Poitou dans le but
surtout de régler le mariage de Philippe de Commynes (1), alors
prince de Talmont, baron de Curzon, de la Chaume, d'Olonne, etc. (2),
avec Hélène de Chambes-Montsoreau, soeur de Nicole, et
veuve de Louis d'Amboise (3). C'est pendant ce voyage que le roi faillit
perdre la vie dans des conditions assez dramatiques.
Le 23 décembre 1472, Louis XI chassait le sanglier dans le bois
de la Maleboire, près Mortagne-sur-Sèvre. Tout à
coup, au détour d'un fourré, un sanglier blessé
s'élance sur le roi qu'il allait probablement mettre en pièces
saris le courage de Nicolas Seguin, prieur claustral de Saint-Michel-en-l'Herm,
qui chassait aussi. Après avoir voué le roi à saint
Michel, il s'élance sur le carnassier et le tue d'un coup d'épieu.
En témoignage de sa reconnaissance perpétuelle envers
saint Michel pour la visible protection qu'il venait d'accorder au royaume
et à sa personne royale, Louis XI, outre le collier qu'il portait
à son cou ce jour-là, fit don à l'abbaye d'un relief
en albâtre représentant l'archange à cheval perçant
d'un coup de lance, un sanglier furieux à côté d'un
roi en prière. Ce magnifique relief, dû au ciseau du célèbre
sculpteur tourrangeau Michel Colombe, fut brisé par les protestants
lors de la prise de l'abbaye de Saint-Michel-en-l'Herm, le 9 janvier
1569. Louis XI avait également donné deux-cents marcs
d'argent provenant de confiscation, pour être employés
à la fondation d'un anniversaire de l'événement
du 23 décembre (4).
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NOTES:
Georges de la Trémouille, connu sous le nom de
sire de Craon, comte de Ligny, l'Ile-Bouchard, gouverneur do Touraine,
y assista aussi comme conseiller et premier chambellan du roi. - Se
trouva en 1468 à la prise de Liège par le roi Louis XI
et le duc de Bourgogne. - Louis XI, si bon juge de la capacité
des hommes, se l'attira avec Philippe de Commyne, le fit Chevalier de
Saint-Michel, lors de la création de cet ordre (1469) et le chargea
de traiter de la paix avec le duc de Bourgogne. - Il lui confia, le
21 septembre 1473, la conduite des gens d'armes de l'ordonnance des
francs-archers, et le plaça à la tête de l'armée
qui devait s'opposer aux Bourguignons, puis lui donna le commandement
des troupes envoyées au secours de l'empereur, Frédéric
III, de cellcs qu'il envoya en Champagne (1473), et après la
mort du duc de Bourgogne le chargea de réduire les Etats de ce
prince; Georges prit Dijon, mais ayant échoué devant Dolé,
Louis XI, qui n'aimait pas les gens malheureux le disgracia ; il mourut
vers 1481.
Son frère aîné, Louis de la Trémouille,
Vte de Thouars, prince de Talmont, etc., né vers 1431, accompagna
Charles VII au siège de Rouen et ne prit aucune part à
la guerre du Bien public. - En 1475, il accompagna Louis XI, lorsqu'il
alla au-devant d'Edouard IV roi d'Angleterre, qui venait de débarquer
à Calais. Il fut présent au traité de Pecquigny
entre ces deux princes, et fut du nombre des princes et grands seigneurs
qui souscrivirent le traité d'Ancenis (19 septembre 1478), entre
Louis XI et François II duc de Bretagne. Il mourut retiré
de la cour, en revcnant d'assister aux Etats-Généraux
de Blois en 1483 (A).
(A) Beauchet-Filleau, T. n, page 751.
(1) Commynes peut être considéré comme
un. politique de premier ordre et un historien remarquable. Commynes,
en essayant de nous faire comprendre la politique de Louis XI, la conçoit
le premier comme une science dont on peut tracer les règles et
dont l'histoire fournit la démonstration.
(2) Un arrêt du 22 mars 1485, condamna l'ancien
favori de Louis XI à une restitution totale vis-à-vis
de là famille La Trémouille.
(3) Au mariage qui eut lieu au mois de février
1493, assistait Chabot Louis, seigneur de la Grève dont nous
avons déjà parlé. Il était oncle de la mariée
par sa mère Jeanne Chabot (Beauchet-Filleau T. I, page 562).
(4) Louis Brochet. - Histoire de l'Abbaye de Saint-Michel-en-l'Herm,
page 47.
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TRAVAUX D'AGRANDISSEMENT DU
PORT DES SABLES, ORDONNÉS A DINCHIN, PRÈS LE PUYBELLIARD.
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Ce voyage fut aussi marqué par un événement dont
les conséquences ont été grandes pour la ville
des Sables-d'Olonne. En parcourant sa plage avec Philippe de Commynes,
le roi avait été frappé des avantages que présentait
cette position, et avant de laisser le Bas-Poitou, il voulut donner
aux vassaux du nouveau seigneur d'Olonne, une preuve de sa haute bienveillance.
C'est à Dinchin, maison de chasse appelée autrefois
Dine-Chien (1), près du Puybelliard, que Louis XI ordonna, en
1472, les premiers travaux qui ont été faits à
la Chaume et aux Sables, afin d'y former un port capable de rivaliser
avec ceux de la Rochelle et de la Bretagne. Il désigna deux de
ses familiers pour diriger les, travaux du port et des fortifications
encouragea les constructions particulières par de grandes libéralités,
et exempta les habitants de tout impôt pendant vingt ans. Ces
efforts produisirent d'heureux résultats que devait compléter
la découverte du Nouveau-Monde.
Placés sur le bord occidental de la France les marins des Sables-d'Olonne
se confieront à l'Océan, et avant la découverte
de Colomb, nous les verrons transformés en corsaires, partir
en guerre contre les Sarazins, les Espagnols, les Anglais, à
l'inspiration de Gabrielle de Bourbon, duchesse de la Trémouille
et princesse de Talmont.
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|
NOTES:
(1) Dine-Chien était alors une seigneurie appartenant
à Pierre Prévost, sénéchal de Mareuil et
de la Vieille-Tour. Mathurine Prévost, sa fille, avait épousé
Tristan Maynard, seigneur de la Vergne-Cornet, qui servit fidèlement
Louis XI.
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SECONDE COALITION CONTRE LOUIS
XI. - RÉUNION
DES NOBLES A MONTAIGU.
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Le traité de Péronne, conclu entre Louis XI et le duc
de Bourgogne ne devait pas être plus solide que les précédents.
Les rivaux s'observaient, prêts à saisir le plus léger
prétexte pour prendre les armes. Louis le savait et n'ignorait
pas non plus que le duc d'Anjou et le duc de Bretagne attaqueraient
d'abord le Poitou qui lui était demeuré fidèle,
et que le roi d'Angleterre Edouard IV, beau-père de Charles le
Téméraire, tenterait une descente sur les côtes
du Bas-Poitou.
Toutes les précautions furent prises pour garantir notre pays
d'une invasion possible, et le 13 juillet 1473, le gouverneur de Montaigu
pour le roi, du Plessis-Bourré, et le seigneur de Bressuire,
Jacques de Beaumont, convoquèrent par ordre royal à Montaigu
(1), tous les nobles et autres tenant fiefs et arrière-fiefs,
tant de Poitou que de Basse-Marche, afin de marcher contre le duc de
Bretagne et d'aller garder les Sables. Les habitants de Poitiers, invités
à fournir plusieurs pièces d'artillerie, invoquèrent
les privilèges dont ils jouissaient, et qui les exemptaient de
répondre aux convocations de bans et arrière-bans : ils
obtinrent gain de cause.
Malgré. tout, le roi négocie encore , il signe un traité
avec le duc de Bourgogne, et pour le détacher de ses alliés,
lui abandonne quelques villes. Tout à coup le duc de Guyenne,
sur qui reposait l'intérêt principal des confédérés,
est empoisonné avec la dame de Montsoreau sa maîtresse,
par un moine qui leur donne une pêche à goûter. Louis,
délivré de ce côté, ne craignit plus de braver
son vassal, et refusa d'exécuter le traité.
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NOTES:
(1) En 1467, Louis XI craignant des attaques probables
du duc de Bretagne, avait. échangé Montaigu à Louis
Harpedanne, son chambellan, seigneur de Belleville, Montaigu, etc. (A);
contre le comté de Dreux, les seigneuries de Montmorillon, La
Chaize le Vicomte et le château, ville et seigneurie de Saintes.
La grandeur et l'importance des objets concédés par ce
prince indiquent assez de quelle conséquence il jugeait pour
ses intérêts d'être possesseur de la ville de Montaigu,
qui devenue domaine privé de Louis XI, fut fortifiée et
devint un point important. - La garde en fut confiée par le roi
à son loyal et habile ministre M. du Plessis-Bourré (Marchegay,
8e lettre de Charlcs VIII). - Gilles, son fils, rentra dans la terre
de Montaigu en 1491, par suite du mariage de Charles VIII avec Anne
de Bretagne, et restitua, au roi ses terres de Montmorillon, La Chaize-le-Vicomte
et le comté d'Evreux.
(A) Louis Harpedanne était le fils de Jean Harpedanne,
chambellan du roi Charles VII, qui avait épousé Marguerite
de France, dite de Valois, fille naturelle de Charles VI et d'Odette
de Champdivers, dite la Petite Reine ; à ce sujet, M. Puichaud
Casimir nous communique la très curieuse note que voici : - "
Isabeau de Bavière, femme de Charles VI, avait acheté
l'hôtel Barbotte ; c'était son petit séjour, (nom
qu'on donnait aux petits hôtels qu'avaient les princes, aux portes
de Paris). Elle s'y retirait ordinairement pendant les accès
de la maladie de ce prince. L'abbé de Choisy rapporte, d'après
un ancien manuscrit, que comme il était quelquefois furieux et
qu'il frappait â droite et à gauche, sans distinction et
qu'il y avait à craindre que la nuit il ne blessât la Reine,
on lui amenait tous les soirs la fille d'un marchand de chevaux qui
était fort belle, qui fut bien récompensée, qu'on
appelait communément et publiquement la Petite Reine et dont
il eut une fille (Marguerite de Valois) à qui l'on donna en dot,
en la mariant au sire d'Harpedanne, la terre de Belleville en Poitou.-V.
Saint-Poix. Essais historiques sur Paris. Tome 1, pages 52, 53, 54,
etc.
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CRÉATION DE FOIRES A L'HERMENAULT.
- LES GRANDS ASSISES ROYAUX ENLEVÉS MOMENTANÉMENT
A FONTENAY, AU PROFIT DE NIORT ET DE MONTAIGU.
PILLAGE DE ROCHESERVIÈRE ET DE
LA GARNACHE.
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La fin du règne de Louis XI fut signalée en Bas-Poitou
par l'établissement, en 1477, de foires à l'Hermenault,
sur la demande de l'évêque de Maillezais. Ce fut peut-être
en souvenir de la bonne réception qui lui avait été
faite au château de l'Hermenault, par l'évêque Louis
Rouault, oncle à la mode de Bretagne du maréchal de ce
nom, Joachim Rouault, seigneur de Bois Mesnard et de Garnache .(1),
que le roi octroya cette faveur, rare alors.
Louis XI crut devoir prendre aussi une autre mesure qui ne laissa pas
que de jeter quelques troubles dans la prospérité de Fontenay-le-Comte.
A la fin de cette môme année 1477, le roi, mû par
le désir de mettre la main sur une place forte qu'il lui importait
d'air, céda, le 24 décembre, Fontenay en échange
de Fronsac, à Pierre de Rohan, maréchal de Gié,
qui accompagna plus tard Charles VIII et Louis XII dans leurs expéditions
d'Italie. Son court, passage fut signalé par un acte malheureux.
Le 2 avril 1478, la tenue des grands assises royaux fut partagée
entre Montaigu et Niort, mais à la suite de vives réclamations
de Jehan Laidet, lieutenant du sénéchal du Poitou, et
de Pierre Cailler, châtelain de Fontenay qui, considérant
toujours la ville comme royale, avaient fait assembler le peuple le
dernier jour de juin 1478, fête de saint Pierre, la tenue, disons-nous,
fut rétablie en 1482 (2), par Philippe de Commynes, qui vint
le présider lui-même le 20 août de cette même
année. C'est vers cette époque (26 avril 1480), qu'eut
lieu, par une soixantaine de cavaliers bretons, le pillage de Rocheservière;
trois jours après, c'était le tour de la Garnache (3).
Charles VIII rendit Fronsac au maréchal de Gié le 26
janvier 1488, et reprit Fontenay. Quatre années auparavant (mars
1484), après avoir, en février 1483, confirmé les
privilèges de la commune, il avait .permis à l'élu
de Fontenay de prendre le titre de maire. Guillaume Goion fut le premier
qui se para de ce titre(4).
Disons, pour n'y plus revenir, que les privilèges de la commune
de Fontenay furent encore confirmés par François Ier (novembre
1516) ; - par Henri Il (mars 1547) ; - François II (janvier 1559)
; - Henri III (mars 1577) ; Henri IV (août 1592); - Louis XIII
(janvier 1610) ; -- Louis XIV (mars 1662) (5).
Parmi les divers privilèges dont jouissait la ville, on peut
citer celui qui exemptait le corps de ville du ban et de l'arrièreban
(22 août 1537 et 16 septembre 1541) (6)
Le corps de ville avait aussi le droit d'acquérir des fiefs
nobles ce droit fut confirmé par Louis XIII au mois d'octobre
1614 (7).
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|
NOTES:
(1) Joachim Rouault, qui avait acheté de Louis
d'Amboise la baronnie de la Chaize-le-Vicomte, était d'une maison
illustre, Il tirait son origine de Clément Rouault, écuyer,
qui vivait en 1327. André Rouault, premier de ce nom, seigneur
de Bois-Ménard, près Pouzauges, se trouva aux guerres
de Guienne et de Poitou en 1341 et 1352. II avait épousé
selon quelques mémoires, Marie de Montfaulcon, veuve de Guillaume
de Beaumont, seigneur de Glenay, dont il eut Clément Rouault
ou Tristan, seigneur de l'ale de lié, de Marans, de la Garnache,
et vicomte de Thouars à cause de Perrenelle, sa femme, qu'il
épousa en 1376. André Rouault tint un rang honorable à
la cour et dans les armées, soifs les règnes de Charles
V et de Charles VI. - Joachim Rouault mourut dans ses terres le 4 août
1478 ainsi que nous l'avons déjà dit, et l'ut, suivant
son désir, inhumé dans l'église des Cordeliers
de Thouars.
(2) Les sieurs Laidet, Cailler, Du Planché et Constantin,
furent par Louis XI, traduits devant le Parlement, le 23 septembre 1478,
pour avoir voulu s'opposer à la translation des assises du ressort
de Fontenay à Montaigu et à Niort. - Archives de Fontenay,
T. I, pages 381-85.
(3) En cette même année, Guillaume ou Guillemin
Cavelier, un des bons artilleurs de France sous Charles VII, et digne
élève de Gaspard Bureau " maître ,général
de l'artillerie ", était alors préposé à
la garde ; et à l'entretien des machines de guerre et des armes
conservées dans le château de Noirmoutier. - Dans un procès
verbal de même date on lit que le seigneur de Noirmoutier devait
annuellement "aux arbalétriers du dit fille, cinq sous chaque
dimanche pour l'entretenement du jeu de l'arbalaiste ", ce qui
faisait 13 livres par an. L'emploi des armes à feu ne fit abandonner
que très tard, ce genre de défense auquel il fallait souvent
recourir, soit contre les ennemis déclarés, soit contre
les forbans maritimes, alors très communs sur nos côtes.
(Viaud-Grand-Marais. Histoire de Noirmoutier), chap. V.
(4) Il était d'une famille noble de Saint-Philbert-du-Pont-Charrault,
qui adonné un évêque à Luçon. Les
Goion possédaient à Fontenay l'hôtel de la Pigasse.
- Les rois de France étaient loin de se désintéresser
de la nomination du maire de Fontenay, car on trouve aux (Archives de
Fontenay, T. II, page 5), une lettre de Louis XII- (5 mai 1515), invitant
le sénéchal du Bas-Poitou, à faire élire
le sieur Poysson, échevin, maire de Fontenay aux lieu et place
de Suzannet, croyons nous, dont la mort lui avait été
annoncée par de La Chastaigneraye. Le 10 janvier 1513, le méme
Louis XII nommait Louis Goulard, seigneur de la Geffardière,
capitaine de la ville. (Archives de Fontenay, T. II, page 19).
(5, 6 et 7) Archives de Fontenay, T,II, pages 21, 177,
233 et 239, - 99 et 107, T.III, page 263.
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LA NOBLESSE DU POITOU AU XVe
SIECLE
LOUIS D'AMBOISE, VICOMTE DE THOUARS. - GEORGES DE LA TRÉMOUILLE.
- GILLES DE RETZ, SEIGNEUR DE TIFFAUGES.
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Si les bourgeois des cités trouvèrent au XVe siècle,
dans la couronne de France, un puissant appui pour le développement
de leurs franchises municipales, la noblesse, de son côté,
loin d'être l'objet d'aucunes faveurs, se vit souvent exposée
à de violentes persécutions, car la royauté n'est
pas fâchée d'abaisser cette puissance rivale, de réprimer
à la fois son orgueil et ses tentatives d'usurpation. - Une famille
féodale qui, dans le Poitou, l'emportait sur toutes les autres
par l'ancienneté de sa race, la gloire de ses descendants, les
services rendus, la maison de Thouars, dans laquelle vinrent s'entremêler,
aux XIVe et XVe siècles, les dynasties d'Amboise et de la Trémouille,
possédait d'immenses richesses, et pouvait rivaliser en puissance
et en éclat avec les plus illustres seigneurs, et près
d'elle la royauté de France elle-même semblait bien pauvre
et bien faible.
Dans un rendez-vous (1431), entre Poitiers et Parthenay, la Trémouille
fit couper la tète aux sires de Lezay et de Vivone, se contentant
de réduire à une pénible captivité le sire
d'Amboise, vicomte de Thouars, dont la fille devait plus tard épouser
son propre fils. Ce guet-apens devint le signal de nouvelles guerres
civiles dans nos contrées. La dame de Rieux, la noble châtelaine
de Thouars, qui possédait d'importantes terres en Bas-Poitou,
s'arme pour conquérir ses domaines lâchement envahis. Secondée
par les efforts des sires de Beaurnanoir et de Rostrenen, elle recouvre
les châtellenies de Marans, de Benon et de l'île de Ré.
Plus tard Fontenay, la Rochelle et Châtelaillon sont repris par
le connétable de Richemond, frère du duc de Bretagne,
associé aux hommes d'armes de la dame de Thouars pendant que
son mari, accusé de crime de lèse-majesté, était
chargé de fers, jeté dans un cachot du château de
Poitiers, d'où il ne devait sortir qu'au mois de septembre 1434,
grâce aux prières de la reine Marie d'Anjou, et surtout
à l'affaiblissement de la faveur de la Trémouille. Une
partie des biens confisqués lui fut rendue, mais les lettres
de rémission lui enlevaient au profit du roi " les chasteaux,
terres et chastellenies de Talmond et de ChâteauGontier, ainsi
que la seigneurie d'Amboise, ensemble les foy, hommages, fiefs, arrière-fiefs,
droits, noblesse, prérogatives, profits et émolumens quelconques
des dits biens. "
Le sire de Thouars ne conserva point rancune des mauvais procédés
du roi de France à son égard. Soumis, suppliant, meurtri
de blessures judiciaires et royales, il ne se rappelle que le serment
de fidélité qu'à sa sortie de prison il a prêté
à Charles VII qui, l'année suivante, lui rendit tous ses
biens, sauf la seigneurie d'Amboise, et lui permettait même plus
tard de réaliser ses projets de mariage de sa fille aînée
avec Pierre de Bretagne, dont l'union fut célébrée
en 1442 (1). - En 1445, une réconciliation s'opérait également
entre Louis d'Amboise et Georges de la Trémouille, en qui se
personnifie l'homme d'armes, le chevalier féodal du XVe siècle,
avec son indépendance et ses passions tantôt brutales,
tantôt généreuses. - La plus jeune fille du vicomte
de Thouars épousait le fils aîné de son ancien ennemi.
Abreuvé d'injures par les siens, qui lui reprochaient sa vie
dissolue (2) et ses débordements et demandaient son interdiction
(3),poursuivi par la haine de Louis XI, il abandonna par testament du
25 janvier 1461 (4), à titre de donation, tous ses biens, se
réservant un simple usufruit, une pension de 4,000 livres, et
le retour en cas de naissance d'enfants mâles de son second mariage.
La mort du vicomte de Thouars, arrivée le 24 février
1469, donna à l'uvre de spoliation son complet dénouement.
En vain sa fille aînée, -la veuve du duc de Bretagne, retirée
dans son monastère de Couets, près de Nantes, en appelle
à la justice du Parlement des décisions du grand conseil:
mais ainsi que la féodalité venait expirer aux pieds du
trône, de même la justice des Parlements était impuissante
contre la volonté souveraine du monarque.
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NOTES:
(1) Cela ne l'avait pas empêché, en 1440,
de se soulever en faveur du dauphin, plus tard Louis XI, car il faut
bien le remarquer, dans ces rapports du suzerain et du vassal, il n'y
avait quelquefois rien de chevaleresque ni de poétique. Adviennent
donc les temps où la royauté de France, unie de corps
et d'âme avec son antique noblesse, trouvera en elle une fidélité
à toute épreuve, un dévouement de chaque jour !
(2) L'acte fut passé par des notaires de Nantes.
(3) A la demande de l'évêque de Poitiers,
patriarche d'Antioche, il consentit à transporter son sérail
à 'Talmond.
(4) Voici quelques-unes des raisons données parles
enfants de Louis d'Amboise pour justifier son interdiction :
" La vicomté de Thouars est l'une des plus
considérables terres du royaume : il en relève à
foi et hommage vingt baronnies, savoir : Bressuire, Argenton, Mortagne-sur-Sèvro,
Tiffauges, Pouzauges, la Garnache, Beauvoir-sur-Mer, Noirmoutier, Châteaumur,
La Grève, les Essarts, Palluau, Apremont, Mareuil, Sainte-Hermine,
et vingt-cinq à trente châtellenies qui en dépendent
aussi, le droit de fondation do vingt ou vingt-cinq abbayes, comme Saint-Laou-de-Thouars,
la Grainetière, Orbestier, Saint-Michel, Angles, etc. - Le vicomte
de Thouars relève du roi à cause de son comté de
Poitou : c'est le premier hommage et la plus noble et honorable vicomté
du royaume " et d'un revenu considérable ". - Le jeu,
les prodigalités de toute, sortes absorbaient plus que ses revenus,
il avait vendu notamment à Joachim Rouault, la baronnie de la
Chaize-le-Vicomte valant huit-cents livres de revenu : la forêt,
garenne et étang et autres revenus, pour neuf-mille écus
d'or, etc.
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DÉMEMBREMENT DE LA VICOMTÉ
DE THOUARS.
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Louis XI ordonne à Jacques de Beaumont, seigneur de Bressuire,
qui " avoyt aydé à conduire l'oeuvre ", de s'emparer
du château de Thouars et de toute la succession du seigneur décédé.
Alors les dépouilles mortelles de l'antique famille féodale
servirent à enrichir les seigneurs dévoués. A sa
fille Anne de France, fut octroyée provisoirement la vicomté
de Thouars ; au connétable de Saint-Pol les seigneuries de Marans
et de l'île de Ré. Mais le plus favorisé dans cette
munificence royale, faite aux dépens de la Trémouille,
gendre du comte de Thouars, fut un seigneur flamand, Philippe de Commynes,
dont nous avons déjà parlé et, qui passa au. service
du, roi de France. Les plus importantes seigneuries de la succession
d'Amboise tombèrent en son pouvoir; " à raison des
services rendus, au roi, en le délivrant des rebelles, et en
le servant contre eux, au péril, de sa vie, et pour les pertes,
endurées, par lui ". C'étaient la, principauté
de Talmond, avec ses baronnies et ses autres dépendances, les
terres de Curzon, d'Olonne, de la Chaume, de Braix, de Brandois et de
plusieurs autres domaines considérables.
Louis. Ier de la Trémouille protesta, mais en vain, au nom
de ses enfants mineurs, contre cette spoliation inique, qui avait soulevé-une
vive, opposition dans le Parlement, lorsque les lettres-patentes furent
présentées pour l'enregistrement. Ce ne fut qu'après
la mort du despote, arrivée le 30 août 1483, que des lettres
royales du 29 septembre de la même année, mettant à
néant tous les actes intervenus entre le défunt roi et
le sire d'Amboise, les arrêts et les jugements du grand conseil
rendaient aux quatre fils de Louis Ier, mort en 1482, la possession
de tous les biens, dont une partie avait été donnée
à Commynes, l'ancien favori, maintenant sacrifié.
A ne considérer les faits que nous venons d'analyser qu'au point
de vue de l'équité légale " il est hors de
doute que tous sont empreints de fraude et de mauvaise foi. Mais si
on les envisage avec l'intelligence des temps et des passions de cette
époque ou tout est en litige, royauté et aristocratie,
alors il est facile de lui donner une interprétation vraiment
historique. Si la famille de Thouars nous a fourni le spectacle des
hostilités du roi de France contre la féodalité,
c'est elle encore qui nous offre celui de la fidélité
chevaleresque du seigneur féodal à son suzerain, le roi
de France, Le jeune La Trémouille se rappellera le serment qu'il
a fait à Louis XI, mourant, de le servir toujours en sujet loyal
et soumis et si dans la querelle de sa. famille, il rencontre quelque
souvenir de haine contre la monarchie, il n'oubliera jamais ses propres
sentiments d'affection et de dévouement (1)
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NOTES:
(1) Guérinière. - Histoire du Poitou, T.
II, page 166.
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GILLES DE RETZ
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Un seigneur bas-poitevin qui, pour la richesse et la munificence, pouvait
le disputer aux d'Amboise et de la Trémouille, fut, au XVe siècle,
Gilles de Retz, plus connu sous le nom. de Barbe-Bleue, dont il, a été
question au cbapitre XVII. Né au château de Machecoul le
5 février 1404, il devint, à la mort de son père,
possesseur de la baronnie de Retz, des seigneuries de Machecoul, Saint-Étienne-de-Mer-Morte,
l'île de Bouin, la Mothe-Acbard, etc.
Par son mariage contracté le 30 novembre 1420, avec Catherine
de Thouars, il reçut Pouzauges, Tiffauges, Chabanais, Confolens,
Auzanne, près Poitiers et autres terres. - Ses immenses revenus,
ses alliances avec toutes les familles les plus considérables,
sa parenté avec la famille royale de France et la dynastie ducale
de Bretagne, firent de lui un des seigneurs les plus en vue de cette
époque où s'alliaient si étrangement la bravoure
et la faiblesse, la vertu et le crime, la superstition et l'incrédulité,
la richesse, la puissance et l'abjection. Tout le; monde connaît
sa fin misérable. Accusé et convaincu de crimes contre
nature, il fut, le 23 octobre 1440, brûlé vif à
Nantes, dans la prairie de Bièce ou du Pré-aux-Clercs.
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LE BAS-POITOU SOUS CHARLES VIII,
LOUIS XII,
FRANÇOIS 1er ET HENRI II.
LES LA TRÉMOUILLE
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En dehors des troubles occasionnés par la perception des impôts
sur le sel, les querelles religieuses (2), les entreprises du duc de
Bretagne (3) et quelques seigneurs, le Bas-Poitou jouit d'une paix à
peu près complète .sous Charles VIII, François
Ier et Henri II, dont les règnes furent surtout marqués
par les folles expéditions d'Italie et les luttes contre la maison
d'Autriche.
Ces guerres furent encore pour la noblesse vendéenne l'occasion
de se couvrir de gloire ou de rendre à son pays de signalés
services (4).
Charles VIII, après une marche triomphale à travers l'Italie,
avait fait son entrée à Naples dans l'appareil d'un empereur
d'Orient. Mais cette capitale amollit les Français avec ses plaisirs,
ses tournois et ses fêtes, et le pape, les Vénitiens, le
duc de Milan le roi d'Espagne et l'empereur Maximilien, formèrent
une ligue, pour les enfermer dans leur conquête. Charles VIII
se hâta de quitter Naples. En redescendant l'Apennin, il rencontra,
à Fornoue l'armée des confédérés,
forte de trente cinq mille hommes. Les Français n'étaient
que neuf mille. Ils se battirent en désespérés
(6 juillet 1495). Après d'incroyables efforts, Louis II de la
Trémouille, prince de Talmont (5), parvient à faire franchir
la rude traversée des Alpes à l'artillerie française,
avec laquelle il foudroie l'ennemie, et décide la victoire à
la tête d'une réserve de 300 lances. Ce glorieux succès
assurait aux Français leur retour da leur patrie et terrait cette
guerre où tout fut empreint d'un caractère merveilleux,
la pensée, l'exécution et le dénouement.
Confirmé dans tous ses exploits par Louis XII qu'il avait vaincu
et fait prisonnier à Saint-Aubin-du-Cormier, alors qu'il n'était
que duc d'Orléans, Louis de la Trémouille reconquiert
le Milanais, et fait prisonnier à Novare le duc Maximilien Sforce
; en 1507, il accompagne Louis XII dans son expédition contre
Gêne, se signale avec son fils à la bataille d'Agnadel
(1509), met la Normandie en état de défense, et arrête
la redoutable invasion des Suisses, qui déjà assiégeaient
Dijon; se conduit en héros à Marignan, où son fils
unique Charles est tué, atteint de 62 blessures (6). Il défend
la Picardie, et couvert de blessures à Pavie (1525), termine
au lit d'honneur, étendu aux pieds du roi, une carrière
de soixante années de travaux et d'exploits (7).
Un seigneur de Beauvoir, Pierre de Rohan, également seigneur
de Frontenay, fut aussi tué à la bataille de Pavie où
il s'était vaillamment conduit Un de ses. fils épousa
Isabeau d'Albret, et c'est de ce mariage que naquit entre autres, la
célèbre Françoise. de Rohan, cousine de la mère
de Hemri IV.
Un autre de la Trémouille, abbé de la Blanche, Jean VI,
cardinal, nommé évêque de Poitiers en 1505, mourut
à Milan, en juin 1.507, après avoir assisté à
l'entrée triomphale de Louis XII dans cette ville (8).
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NOTES:
(1) Aujourd'hui square de l'Hôtel-Dieu de Nantes.
- Pour plus de détails sur Barbe-Bleue, voir notre brochure Tiffauges
et Barbe-Bleue, Nantes, Salières, 1899.
(2) Nous consacrons plus loin un chapitre spécial
eux guerres de religion en Bas-Poitou et, quelques pages à La
Gabelle.
(3) De Bessay, Jacques II du nom, fut honoré en
1487, de deux commissions, l'une signée du seigneur de Beaumont,
grand chambellan du roi et gouverneur du Poitou, l'autre d'Yvon du Fou,
grand échanson de France et grand sénéchal du Poitou,
portant pouvoir de commander en toutes les places du Bas-Poitou, les
fortifier, assembler la noblesse et les gens de guerre pour s'opposer
aux entreprises du duc de Bretagne, et aux courses du maréchal
de Rieux. (Beauchet-Filleau, page 338. Dans la liste des capitaines
de place appartenant à Louis II de la Trémouille, exemptés
à la date du 13 mai 1487, du ban et de l'arrière-ban,
par Charles VIII, on relève les noms de Loys Suriecte, capitaine
de Saint-Ermyne ; Anthoine Menart, capitaine de Thallemond ; Adam de
Ravenel, capitaine de Brandoys ; Guyot de Lalende, capitaine de Marueil
; Guillaume Lignault, capitaine de Nermoutier ; François Serpillon,
capitaine de Chantonnet ; Guillaume le Gras, capitaine de la Chèze-le-Vicomte
; Mathurin Atton, capitaine de Luçon ; et Lyenard Junyer, capitaine
de Puy-Belliart. (Le duc de la Trémouille. - Une succession en
Anjou au XVe siècle, in-4° de 229 pages.)
(4) Jacques de Surgères, conseiller, et chambellan
de Charles VIII; obtint du roi, en 1487, l'établissement des
foires à la Flocelière.
(5) Nommé par Guichardin le 1er capitaine du monde,
et par ses contemporains le chevalier sans reproches. - André
de Vivonne, seigneur de la Châtaigneraie et sénéchal
du Poitou en 1489, faisait aussi partie de l'expédition et se
trouvait à la prise de Naples. Il avait épousé
Louise de Daillon. Un de ses fils mourut pendant l'expédition
d'Italie en 1527. Un autre y succomba en 1536. - Un autre bas-poitevin,
qui prit part à ces guerres, Chabot Jacques, seigneur de Jarnac,
Apremont, Briou, etc., fut fait conseiller et chambellan du roi, le
22 septembre 1485.
(6) Charles était prince de Talmont et de Mortagne.
Il assista aux obsèques de Charles VII qui était son parrain.
Son fils François n'avait que vingt ans lorsqu'il combattit à
Pavie où il perdit son aïeul. - Marié à Anne
de Laval, il hérita du chef de son épouse des prétentions
qu'avait son beau-père sur le royaume de Naples par Charlotte
d'Aragon, princesse de Tarente, sa mère. Ce fut François
qui, en sa qualité de gouverneur du Poitou, reçut Charles-Quint
à Poitiers, le 9 décembre 1539, en présence des
deux fils du roi de France, du connétable et du maire de Poitiers,
Pierre Boit, qui complimenta Charles-Quint. Il était accompagné
de ses fils et de quatre à cinq-cents gentilshommes à
cheval. Son fils François, comte de Benon, baron de Mareuil,
Mortagne, etc., assista au couronnement de Catherine de Médicis
en 1549, et fut un des défenseurs de Metz en 1552. Louis III
de la Trémouille, fils de François, duc de Thouars, prince
de Talmont, etc., accompagna le dauphin au voyage de Perpignan (1542),
servit contre les Anglais en Picardie et fut l'un des quatre barons
donnés en otage de la Sainte-Ampoule, lors du sacre de Henri
II, et l'un des otages du traité de paix conclu en 1542 entre
la France et l'Angleterre servit, en Italie sous le maréchal
de Cossé, et se trouva à la prise d'Ulpian. Il fut chargé,
en 1567, du commandement des pays situés le long de la Loire,
servit sous le duc d'Anjou et fut tué devant Melle, dont il faisait
le siège, le 25 mars 1577, au moment où la ville se rendait.
En récompense du service rendu par Louis, le roi Charles IX avait,
au mois de juillet 1563, érigé le vicomté de Thouars
en duché. Son fils Claude, second duc de Thouars, ayant combattu
pour Henri IV à Coutras et à Ivry, n fut récompensé
par l'érection du duché de Thouars en pairie, en 1595.
(7) Son corps fut porté dans l'église collégiale
du château de Thouars, qu'il avait fondée et bâtie.
(8) Les vassaux du seigneur de Curzon accompagnèrent
tout probablement aussi Louis XII en Italie, car on a trouvé
dans ce bourg, un petit trésor presque uniquement composé
de, monnaies italiennes de l'époque.
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LA FANTAISIE DU PRINCE DE. TALMONT
(10-20 décembre 1521).
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Depuis que son père est mort à Marignan, le corps criblé
de soixante-deux blessures, François de la Trémouille
est l'unique et dernier rejeton de sa famille. Son aïeul, le chevalier
Sans Reproche, ne cherche cependant pas à le. marier aussi jeune
qu'on le faisait souvent alors. Il attend que les exercices physiques,
l'étude, la fréquentation de la cour aient développé
convenablement le corps et l'esprit et le jugement du prince de Talmont.
Au bout de 6 ans, la belle santé et les heureuses dispositions
du jeune homme permettent au vieillard de réaliser son. vu
le plus cher, celui de voir perpétuer sa noble génération
(1). Sans s'arrêt à des avances nombreuses et réitérées
de toutes les personnes de l'entourage du roi, qui ont des filles ou
des nièces plus ou moins nubiles, M. de La Trémouille
s'enquiert, dit Jean Bouchet, par tout le royaume de quelque dame propre
et pareille audit jeune seigneur, et de laquelle il peut avoir lignée
bientôt. Ce choix, fait avec autant de réflexion que de
réserve, il envoie son petit-fils voir si la femme qu'il lui
destine est bien telle qu'on la dépeinte, et si elle fait naître
en lui l'amour et l'estime indispensables pour le bonheur domestique
et la prospérité des familles. Nous imprimons la lettre
dans laquelle est racontée, avec autant de charme que de naturel,
l'entrevue du prince de Talmont, alors âgé de 20 ans, et
d'Anne de Laval, qui en a un peu plus de 15. Elle est écrite
en entier de la main de l'amoureux et adressée à l'héroïque
et aimable grand-père qui, après l'avoir attendue avec
impatience, la lut en souriant et en pleurant de joie.
" Monseigneur, plaise vous savoir que en suivant ce que me dites
au partir d'avec vous et aussi que m'evez écrit par Chazerac
(2), je arrivai à Laval mardi dernier, la où je trouvai
monsieur et madame de Laval (3) et mademoiselle leur fille ; et vous
promets; monseigneur, qu'ils m'ont fait de l'honneur et du bon traitement,
ce que jamais gens sauroient faire, et vous assure Monseigneur qu'ils
ont merveilleusement grand'envie que je soie leur fils.
Et quand au regard de mademoiselle leur fille, après que j'eus
parle à M. et Mme de Laval, me mis â parler â elle
et fus avec elle deux ou trois- heures, et ensemble y ai été
trois jours. Je l'ai vue en toutes sortes que j'ai pu voir, et ne faisoit-on
point de difficulté de la me montrer. Et quant au personnage,
elle est assez belle et a fort bonne grâce. Sa manière
fort douce et fort arrêtée (4), fort beau corps sans avoir
tare d'être bossue (5), et autant obéissante à Monsieur
son père et Madame sa belle-mère que femme que je acointai
jamais. Et premier que lui dire ma volonté, je regardai â
tout ceci, mais je n'ai trouvé chose en elle qui ne soit fort
honnête ; sa parole moins égarée que femme que je
vis oncques. J'ai bien regardé partout et la trouve terriblement
de ma fantaisie.
Et quand je vis qu'elle s'y adonnoit, je lui dis que ne luis saurois
céler ce qui étoit en ma fantaisie : C'est que je l'aimois
bien fort, et que ne savoir femme en France avec qui je vécusse
plus volontiers que avec elle. Je lui priai qu'elle me dit la sienne
et qu'elle me regarda bien, et qu'elle me dit point chose de quoi elle,
se vousiu (6) repentir. Elle. me fit réponse qu'elle feroit ce
qu'il plairoit à Monsieur son père. Je lui répliquai
cela et lui dis que ce n'était point parlé, et quant à
ce cas là le père n'en doit avoir la connoissance. Je-
lui priai que à père ni à mère elle ne fut
point si obéissante qu'elle m'en dit la volonté, et que
de moi je n'ai eu conseil que de ma fantaisie. Elle me répondit
qu'elle se sentiroit bien heureuse d'être ma compagnie, puisque
lui faisais cet honneur que de la prendre, et qu'elle mettra si bonne
peine d'obéir à celui qui l'aura qu'il devra être
content d'elle.
Après je lui dis que nous ferions grand'chère (7) ensemble.
Et vous jure ma foi, Monseigneur, que je n'en ai cru que ma fantaisie
qui s'adonne si fort à elle, qu'il n'est possible de plus, car
c'est une aussi honnête femme et une des plus parfaites que je
vis jamais. Je vous en supplie, Monseigneur, que je l'aie, car je l'aime
fort; et crois que si nous sommes bientôt ensemble, que nous vous
ferons ce que toujours avez tant désiré, car elle est
de mat fantaisie et je suis de la sienne ; et crois que si vous l'aviez
vue que vous diligenteriez la chose, car à mon avis, mais (8)
que la voyez, là trouverez ainsi que je vous le dis et si je
ne pensois vivré avec elle, je vous assure, Monseigneur, que
je ne vous manderois pas ce que je vous en mande.
Je vous supplie, Monseigneur, encore un coup, qu'il ne tienne à
rien qu'il ne se fasse car je vous assure que ce qu'elle a dit n'a point
été par son père, car elle la dit de naïveté,
et ce que j'ai dit on ne me la point fait dire. Et quant à l'honnêteté
du maître et de la maîtresse, ils en ont ce que gens en
peuvent avoir, ainsi tant des serviteurs que des femmes car c'est la
maison la mieux réglée que je vis jamais, qui y vont de
meilleure volonté â cette affaire. Si je voulois louer
tout ainsi que la raison le veut, je ne cesserois jamais. J'ai donné
charge â Ghazerac et à Briaute de vous dire le demeurant.
Je vous supplie, Monseigneur, qu'il vous plaise les croire ; vous suppliant
que je demeure en votre bonne grâce, à laquelle tant et
si très humblement que faire puis me recommande. Priant Notre-Seigneur,
Monseigneur, qu'il vous doint très bonne vie et longue.
Ecrit à Châteaugontier, ce 20e jour de décembre.
Votre très humble et très obéissant
fils,
F. DE LA TRÉMOULLE.
L'année, Omise le plus souvent dans les lettres de cette époque,
est 1521. Le même jour, le comte de Laval écrivait à
M. de La Trémouille.
" Monseigneur mon cousin
j'ai vu Monsieur le Prince votre
fils, lequel est trouvé si gaillard et de tant de bonne sorte
que avec le bon vouloir que avez â moi et l'honneur que m'avez
fait de l'envoyer ici, dont le bon coeur vous mercie, ne suis mis en
tel devoir et raison de tout ce qu'il m'est possible honnêtement
faire' que connoîtrez de ma part que désire votre alliance.
"
" Deux mois plus tard le mariage eut lieu à Vitré.Monseigneur,
écrivait le " 25 février François de L. T.
à son grand-père, plaise avons savoir que je fus hier
épousé, et pour commencement je m'y trouve très
bien; et crois, Monseigneur, mais que avez vu votre fille, que vous
la trouverez si obéissante en ce qu'il vous plaira lui commander,
que vous en contenterez. "
Anne de Laval lui exprimait le même jour ses sentiments d'une
manière touchante.
" Monseigneur, Monsieur le Prince... est délibéré
bientôt partir de céans et m'emmener avec lui la part où
il vous a plu lui commander. Et' la chose de ce monde qui autant me
réconforte de perdre la présence de Monsieur mon père
et Madame ma belle-mère, c'est de penser avoir recouvert un si
bon père comme vous ; vous avisan, Monseigneur, que de ma part
suis en volontéd'être vers vous si obéissante que
n'aurez occasion d'avoir regret de m'avoir fait cet honneur de me vouloir
pour- fille. -Et vous supplie, Monseigneur, qu'il vous plaise avoir
cette estime de moi, jusques à ce que ayez connu du contraire,
qui ne sera jamais s'il plait à Dieu me sauver l'entendement."
" Le lendemain M. de Briauté écrivait encore : "
Monseigneur, plaise vous savoir que Monsieur votre fils fait très
bonne chère ; aussi fait Mademoiselle votre fille et se trouvent
bien ensemble.. J'espère, â l'aide de Dieu, que, bientôt
ils vous feront de beaux enfants. C'est une belle et très honnête
demoiselle, et de ce 'que j'ai vu bien conditionnée. "
Enfin, M. de la Trémouille, alors en Bourgogne où il
commandait l'armée du roi, lisait deux mois plus tard dans une
lettre du comte de Laval :
" M'a été grand plaisir de savoir de vos nouvelles
et qu'ôtes bien aise de " l'assemblée de nos deux
enfans ; et encore serez â mon avis plus, mais que sachiez "
les. nouvelles qu'ils m'ont écrites, c'est que notre fille est
grosse.
Avant de périr sur le champ de bataille de Pavie, 24 février
1525, le chevalier Sans Reproche vit dresser trois berceaux au château
de Thouars. Sept autres rejetons vinrent raviver l'antique et glorieuse
souche et probablement leur, nombre, eut encore augmenté si François
de la Trémouille ne fut mort à l'âge de trente-neuf
ans. Le Père Anselme (9) lui donne, outre six fils et quatre
filles, une bâtarde légitimée qui épousa,
dit-il, le seigneur du Landreau. Il s'est trompé, comme nous
le prouverons plus loin ; et cette rectification nous autorise à
croire que si la terrible fantaisie inspirée par la jeune Anne
de Laval au prince de Talmont s'est calmée avec l'âge,
elle n'en a pas moins été fidèle à la mère
de ses dix enfants (10).
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|
NOTES:
(1) Voir Jean Bouchet, panégyrique du chevalier
Sans Reproche.
(2) MM. de Chazerac et de Briauté étaient
deux gentilshommes attachés au prince de Talmont
(3) . Guy, XVIe du nom, comte de Laval, et Anne de Montmorency,
sa seconde femme, Anne de Laval, était née de son premier
mariage, avec Charlotte d'Aragon, fille de Frédéric III,
roi de Sicile. C'est de son chef que datent les prétentions du
royaume de Naples, de MM. de la Trémouille, et que l'aîné
des fils de la branche aînée, appelé prince de Talmont
dès, la fin du XVe siècle, a été depuis
le seizième, nominé prince de Tarente.
(4) C'est-à-dire retenue.
(5) Ou il y avait des bossus dans la famille de Laval,
ou à la cour, quelque mère jalouse de voir préférer
à sa fille, Mlle de Laval, avait fait courir le bruit que cette
dernière était contrefaite.
(6) Du latin voluisset, aujourd'hui voulut.
Nous avons du reste corrigé l'orthographe du prince de Talmont,
dont on pourra se faire une juste idée, par les phrases suivantes
: " Elle me fist reponce quelle feroit ce qui plairoit, à
Monsieur son père. Je luy replique sein et luy diz que se nestoit
point parle et quant a se quaz le père nan doit avoir la connoyssance
".
(7) C'est-à-dire vivrions grandement et agréablement.
(8) C'est-à-dire pour peu.
(9) Histoire Généalogique, vol, IV, p. 469.
(10) Extrait d'un travail publié en 1864, par le
regretté M. Marchegay, dans l'Annuaire de la Société
d'émulation de la Vendée. - Recherches historiques sur
le département de la Vendée (ancien Bas-Poitou).
|
LE CORSAIRE DE MADAME DE LA.
TRÉMOUILLE
(10 Novembre 1491).
|
|
Pendant que Louis II de la Trémouille, le chevalier Sans Reproche,
commandait les armées de Charles VIII, ou combattait à
ses côtés en Italie, sa femme Gabrielle de Bourbon faisait
partir des Sables-d'Olonne, pour aller en guerre " sur les Mores,
Sarazins, Espagnols et Anglais ", la nef à laquelle elle
avait donné son nom, La Gabrielle.
L'espoir d'un riche butin n'était pas, il faut bien l'avouer,
le moindre motif de ces expéditions, mais malgré leurs
succès, cet espoir fut déçu plus d'une fois, notamment
lorsque la nef eut pour commandant Étienne de Chiros. En dérobant,
ou faisant dérober les plus grosses bourses et les meilleurs
objets, le capitaine diminuait non seulement la part de Mme de la Trémouille,
mais encore le lot de chacun des gens, de son équipage composé
de 135 hommes. Il provoqua ainsi de nombreuses plaintes à la
suite desquelles eut lieu une enquête destinée à
faire connaître le nombre et la valeur des prises. Parmi les plaignants
figurait le maître de la nef, c'est-à-dire le chef des
mariniers chargés exclusivement de la: manoeuvre, André
Micquellet, demeurant à la Chaume, âgé de 60 ans.
Sa déposition, relatée tout au long dans l'Annuaire de
la Société d'émulation de. la Vendée (année
1864), est datée du 10 novembre 1491. Elle fait connaître
les principaux événements d'une expédition qui
avait duré un peu plus de trois mois et au cours de laquelle
on avait assez malmenés a Sarazins, Espagnols et Anglais (1)
".
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|
NOTES:
(1) Extrait d'un travail de M. Paul Marchegay.
|
CONVOCATION DU BAN ET DE L'ARRIÈRE-BAN
DES
NOBLES DU BAS-POITOU (1491 et 1492).
|
|
Au moment où Mme de la Trémouille le disputait, en vaillance
à son époux, les nobles du Bas-Poitou s'assemblaient sur
nos côtes pour s'opposer, le cas échéant, à
une descente des Anglais. Parmi les gentilshommes vendéens qui
servirent aux bans de 1491 et 1492, il convient de citer le chevalier
Barlot, habitant près Velluire ; - Jacques de Beaumont, seigneur
de Bressuire et de Sigournais, qui fut le chef ; - De Béjarry,
seigneur de la Roche-Greffier et le Langon ; - Jean de Chantefin, seigneur
de la Brunière (1) ; François Chantefin, de Réaumur
; Racodet Jean, de Luçon ; - Bastard, de la Mothe, près
Velluire(2) et d'autres membres de la même famille.

D'après une eau-forte de M. de Rochebrune
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|
NOTES:
(1) Faisait en 1491, partie de la garnison noble de Tiffauges.
(2) En qualité d'archer, il lui fut adjoint d'avoir
des gantelets. Extrait, de, Beauchet-Filleau, pages 21, 252, 578, etc.
|
COTISATION DE LA NOBLESSE ET DU
CLERGÉ POITEVIN (1526).
VOYAGE DE FRANÇOIS Ier ET
D'ÉLÉONORE DE PORTUGAL AU
PUY-DU-FOU.
LES GRANDS JOURS A POITIERS (1531)
|
|
Lorsque François Ier, de retour en France, après la paix
de Madrid, demanda des secours à son peuple pour le payement
de sa rançon, la noblesse du Poitou donna le dixième de
ses revenus; le clergé (1) se cotisa également (2). Si
l'on en croit la tradition, ce serait en cette année 1526, que
le roi de France aurait couché avec la nouvelle reine., Eléonore
de Portugal, sueur de Charles-Quint, et sa suite, dans la princière
demeure du Puy-du-Fou, près les Epesses, dont nous donnons ci
à côté le dessin.
Pendant la captivité du roi, le Poitou avait eu énormément
à souffrir des exactions commises par bon nombre de seigneurs
secondés par des gens sans aveu, Pour rétablir l'ordre,
François Ier fit tenir les Grands Jours à Poitiers (3).
Ce tribunal, présidé par le Viste, président de
la grand'chambre du parlement de Paris, fit le procès à
douze ou treize gentilshommes qui furent décapités à
Poitiers, après avoir vu leurs maisons ruinées pour crimes
de rébellion et excès commis envers les officiers de justice.
Il y eut beaucoup d'affaires civiles expédiées, mais la
cour leva précipitamment ses séances parce qu'on avait
ressenti quelques atteintes de peste dans la ville.
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|
CONVOCATION DU BAN (1533).
|
|
Malgré la Paix des Dames, une sourde hostilité existait
toujours entre les cours de Paris et de Madrid, et l'Angleterre envoyait
de temps, en temps des navires cingler en vue des côtes de l'Aunis
et du Poitou. Au commencement de l'année 1533, le roi ordonna
aux gentilshommes de la province de se réunir avec leurs vassaux
et de faire bonne garde de Noirmoutier à La Rochelle. Parmi ceux
qui figurèrent au ban de 1533 et dont les descendants ont joué
dans l'histoire de notre province un rôle considérable,
on ne saurait oublier Appelvoisin Gilles, de. la sénéchaussée
de Fontenay.
Bastard Louis, seigneur de la Cressonnière et de Cezais.
Cathus Jean, seigneur des Granges, près Talmont.
Des Nouhes Jean, seigneur de la Tabarière et de la Javeliêre
en Chantonnay.
De la Touche Georges, seigneur de la Touche et de Saint-Hilaire-de-Mortagne.
Chabot, seigneur du Chaigneau et de Thénies de Saint-Germain-le-Prinçay
(4).
Jean des Herbiers, seigneur de l'Etenduère, Beaufou, etc. (5).
LES COMPAGNONS POITEVINS DE
FRANÇOIS Ier
François Ier, qui avait en haute estime la noblesse du Poitou
(6), mettait deux gentilshommes de cette province au nombre des trois
qui étaient ses compagnons d'armes : Panvilliers, qui se distingua
dans les guerres d'Italie et d'Écosse, et La Châtaigneraie
de Vivonne, fils puiné d'André de Vivonne, grand sénéchal
du Poitou. Un Savary de Vivonne avait épousé Marguerite
de Brosse, qui lui apporta en mariage les terres de la Châtaigneraie
et d'Ardelay. André de Vivonne, un de ses descendants, fut aussi
sénéchal du Poitou, seigneur de la Châtaigneraie
et de 1a Mothe-Sainte-Hérayen en 1489 : il mourut en 1532 et
fut inhumé à la Châtaigneraie (7).
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|
NOTES:
(1) En 1522 les abbayes avaient déclaré
leurs biens. - Histoire des abbés et des évêques
de Linon, par La Fontenelle de Vaudoré, tome I, page 191.
(2) Le 23 janvier 1549, le fils de François Ier
faisait à son tour appel, non point à la noblesse ni au
clergé, mais aux maires, échevins et conseillers du corps
de ville, les priant de s'imposer extraordinairement pour aider à
reconquérir la ville de Boulogne-sur-Mer. - Archives de Fontenay,
tonie n, page 183.
Six ans auparavant (août 1543), un édit royal
avait créé deux charges de conseillers au siège
royal de Fontenay, mais la suppression en fut faite au mois de mai de
l'année suivante.
(3) On les tint encore en 1634. Ils furent présidés
par Seguin, .président du Parlement de Paris.
(4) Son fils Léon fut exempté de se trouver
au ban des nobles de 1557, parce qu'il servait comme archer dans la
compagnie du prince de la Roche-sur-Yon, et fut nommé le 7 juin
1565 lieutenant du château de la Roche-sur-Yon. - Foucher Joachim,
seigneur de Sainte-Flaive, en fut aussi dispensé parce qu'il
était chargé de la garde du port de Saint-Cilles.
(5) Beauchet-Filleau, pages 68, 224, 574, etc.
(6) Il disait : " Nous sommes quatre gentilshommes
de la Guienne qui combattons en lice et courons la bague contre tous
allans et venans de France, moi, Sansac, Dessé et Châtaigneraie.
"
(7) Il était surnommé le bon sénéchal,
et avait épousé Louise Daillon, fille du conseiller ordinaire
du roi Louis XI dont on a déjà parlé. - Il était
le parrain de Tiraqueau qui, grâce à son crédit,
obtint la lieutenance particulière de Fontenay.
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FRANÇOIS DE VIVONNE.
- DUEL AVEC CHABOT-JARNAC.
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François de Vivonne de la Châtaigneraie, son fils puiné,
est celui qui se battit en duel avec Chabot-Jarnac. Ces deux jeunes
seigneurs étaient liés de la plus étroite amitié
des courtisans jaloux voulurent rompre cette union. Ils publièrent
que La Châtaigneraie avait dit que Jarnac s'était vanté
d'avoir les faveurs de sa belle-mère. Le mari offensé
s'en plaignit à Jarnac son fils : celui-ci donna le démenti
à la Châtaigneraie et l'appela en duel. Blessé dans
une rencontre qui eut lieu devant Henri II et toute sa cour, et terrassé
par son adversaire, il ne vou | |